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 La peur de l'ennui est la seule excuse du travail

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Licinus Avery


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Date d'inscription : 03/08/2011

MessageSujet: La peur de l'ennui est la seule excuse du travail    Jeu 1 Sep - 21:17




Licinus n’était pas le genre de personne à s’intéresser grandement aux querelles de bureau qui avaient constamment lieu dans les départements du ministère. Entre chaque département, entre chaque section, dans chaque bureau il était évident qu’on se devait de trouver des animosités entre les employés. Peu étaient exempts de ce genre de relation et Licinus ne faisait absolument pas partie de ces exceptions, mais il n’était pas du genre à y faire plus attention que cela. Certes il pouvait être mesquin et s’attaquer à quelqu’un, mais malgré cela, il ne passait pas l’essentiel de son temps à lancer des piques au premier qui aurait pu lui déplaire, le bousculer, l’insulter ou renverser ses plumes.

Et puis le but de Licinus n’était pas de se chercher des noises à longueur de journée. Certes il était plutôt désagréable s’il le souhaitait, un humour assez tordu et des relations pas toujours très nettes, mais il n’était pas du tout le genre de personne à se jeter dans des relations antipathiques avec délectation. Il laissait cela à Dolohov et compagnie qui aimaient se battre, déclencher des duels ou aller s’abreuver dans un pub histoire d’insulter tous ceux qui n’oseraient pas se défendre de peur de se faire retirer leur droit de sorcellerie… ou leur vie tout simplement. Le statut de Mangemort de pas mal des adeptes de la magie noir ou des serviteurs de Voldemort n’était plus un mystère pour la plupart d’entre eux, et surtout du grand public, même si certains ne se vantaient pas au grand jour ou n’arboraient pas fièrement la marque des Ténèbres à qui souhaitait la voir.

Il était de notoriété publique que la plupart des grands pontes du ministère et la grande majorité de ses employés étaient favorables, de manière intentionnelle ou un peu forcée, à Voldemort. Après tout Lucius Malefoy était un des Mangemorts les plus importants, en plus d’être le Ministre de la magie. Licinus quand à lui se contentait très bien de son emploi de bureau et de ne pas être le bras droit, gauche ou peu importe du Lord des Ténèbres. Il faisait peut-être partie des principaux Mangemorts, étant donné le nombre d’années dans lesquelles il avait servi le Seigneur des Ténèbres, mais également par le fait que son père en était un depuis le tout début. Si sa famille se perpétuait, il serait probable que son enfant devienne également un partisan du Lord. Après tout il était inenvisageable que celui-ci meurt, n’est-ce pas ? Il n’était pas le Maître des Ténèbres pour rien.

Le travail de bureau avait ses avantages d’être au calme et d’avoir sa petite routine monotone qui faisait en quelque sorte son charme et le maintenait loin des sorts dangereux ou des duels –normalement- de sorcier. Mais qui dit monotone dit forcément ennui. Avery n’était pas en bas de la hiérarchie bureaucratique, il pouvait même se targuer d’être le supérieur de quelques personnes, mais cela n’empêchait en rien l’ennui de s’installer et de chercher au final, à tous les prix, une pause ‘café’ ou aller se promener dans les couloirs histoire de se dégourdir les jambes. Ou de bloquer l’ascenseur pour ne pas avoir à retourner au bureau. Ou même aller faire un brin de causette à un pauvre hère perdu dans l’immensité du bâtiment, le perdre encore plus et aller admirer pour son quart d’heure quotidien la fontaine du hall.

Il avait d’ailleurs abandonné lâchement ses collègues pour aller faire un tour, jouant de sa supériorité et de devoir aller chercher quelques papiers pour permettre de remettre à jour un dossier quelconque sur le sang pur d’un sorcier anonyme. Il était parti vers 10 heures et l’heure du repas venait de sonner, quelques employées sortaient des bureaux pour aller prendre leur pause déjeuner, d’autres sortaient leur panier repas pour pique niquer dans les bureaux. Se glissant avec facilité dans l’ascenseur bondé – il était toujours pratique d’être très grand et très maigre… et surtout d’être quelqu’un qu’il ne valait mieux pas fréquenter malgré son habituelle tendance à passer plus ou moins inaperçu- les dossiers sous le bras ; il attendit avec un air impassible que le moyen de ‘transport’ s’arrête à son étage.

Il allait en profiter également pour aller prendre son déjeuner, oubliant même d’aller déposer les dossiers dans son bureau. Habituellement il emmenait un casse dalle avec lui histoire de ne pas avoir à sortir du bureau et pouvoir finir ses dossiers… Histoire également de pouvoir quitter le ministère tôt et avoir hypothétiquement un peu de temps pour lui avant d’être appelé pour une quelconque réunion ou une mission qu’on lui donnerait en l’honneur de la marque sur son avant bras. Les dossiers toujours sous le bras il sortit du ministère pour se sustenter et trainer sur le chemin de traverse, finissant par oublier le temps qui passait et le travail qu’il devait rendre ou plutôt récupérer de ses subalternes et faire passer pour le sien, ou corriger.

Un peu dans la vague, le nez au vent et les yeux fixés sur les nuages, immobile, appuyé contre la devanture d’un magasin il resta là une bonne partie de l’après midi, même quand les rues commencèrent à se clairsemer. Et puis le soleil commença à disparaître derrière les nuages et la nuit à prendre ses droits, alors il se rendit seulement compte qu’il n’avait rien fait de sa journée à part rêvasser au milieu de passants et qu’au lieu de feuilleter des dossiers, il avait plongé son nez dans des bouquins chez un libraire de l’Allée des Embrumes. Poussant un soupir à pierre fendre il transplana vers la soit disante entrée du ministère, qui était assez ridicule de son humble avis, donnant plutôt l’idée d’une institut de saoulards, de pauvres et de désœuvrés tout cela pour se cacher des Moldus..

Le Ministère s’était en majorité vidé, il ne restait que les retardataires et les zélés pour être encore sur leur lieu de travail à cette heure-ci. Il n’y aurait pas de problèmes de râleurs dans l’ascenseur ou de bousculades ou même de se prendre un papier enchanté dans l’œil. Il suffirait juste de se rendre dans son bureau et de se plonger dans ses dossiers pendant une moitié de la nuit, les bâcler parce qu’il était fatigué ou qu’on avait besoin de lui et aller se coucher en serrant son chat contre lui dans son grand lit froid.

Arrivé à son étage, il prit son temps dans les couloirs, écoutant avec irritation le bruit de ses pas se répercuter dans tout l’étage complètement silencieux. Toutes les pièces où la porte était ouverte étaient froides, vides et éteintes. Il devait rester peut-être trois ou quatre personnes en tout et pour tout dans le service et il serait probablement le dernier à partir. Tout en baillant, il ouvrit la porte du bureau qu’il partageait avec deux ou trois personnes selon les journées… Jetant le paquet de feuilles sur le bureau qui était toujours occupé par Irina, il alla se poser au sien, le dos droit, un sourire moqueur au coin des lèvres.

Irina était le genre à rester le soir, ou plutôt à faire des heures supplémentaires. Ce n’était probablement pas du zèle, ni un besoin irrépressible de travailler pour prouver qu’elle était bonne dans son métier. Elle n’était d’ailleurs que peu communicative, ce qui faisait de ce bureau un endroit calme et rapidement étouffant par son atmosphère lourde. De temps en temps les deux autres occupants des autres bureaux faisaient un brin de causette…

N’oubliez pas, Irina, de vous relire et de rendre vos dossiers dans les délais. J’aimerais pouvoir partir tôt ce soir, pour une fois.

Gardant son regard fixé sur la jeune femme, sans ciller, il entreprit d'étaler devant lui les feuillets qu'il aurait besoin de vérifier et sur lesquels il écrirait son rapport.
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Irina Keats


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Date d'inscription : 24/08/2011
Localisation : au Ministère, souvent

MessageSujet: Re: La peur de l'ennui est la seule excuse du travail    Sam 3 Sep - 13:17

Elle é
tait belle cette heure entre chien et loup où tout semblait comme suspendu dans le temps. Plongé dans l’obscurité mais pas tout à fait vide, le Ministère lui faisait l’effet de l’estomac d’un gros monstre ronronnant. Un endroit clos, chaud et rassurant offrant la sécurité d’une vie réglée au papier millimétré. La nuit, on courait beaucoup moins que le jour et la lassitude remplaçait l’énervement…

C’est pour ça qu’Irina aimait travailler de nuit et s’arrangeait toujours pour plus ou moins consciemment, faire des heures supplémentaires. Evidemment il y avait des soirs où comme tout un chacun elle se montrait grognon et paresseuse, aujourd’hui semblait être cependant un bon jour. Elle avait presque fait le trois quart de son boulot, avançant assez vite pour une fois et trouvant les chemins entre les différentes ramifications des arbres généalogiques d’une manière presque instinctive.
En fait, sur dix arbres la jeune femme avait trouvé 2 mariages avec un moldu et, pour celui d’une vieille et honorable famille, une maîtresse moldue cachée et entretenue dans le Londres
de la fin du XIXe siècle, ayant donné naissance à pas mal d’enfants. De vraies destinées de romans et une bonne moyenne pour elle.

Un bruit de pas fit relever les yeux d’Irina de sa loupe. Ah, Avery… Elle le salua d’un léger signe de tête et soupira pour la forme avant de prendre la paperasse. Le commentaire mesquin, elle ne le releva même pas. En fait, Irina n’était pas assez réveillé pour avoir du répondant et elle n’avait entendu qu’à demi mots les remarques de Licinius. Au moins cela évitait les bagarres de bureau….

Me reste des sandwichs au concombre si vous voulez…

Elle n’attendit pas de réponse, l’homme savait où était son sac et se servirait s’il voulait. Elle, elle avait d’autres chats à fouetter. La jeune femme se redressa un peu sur son siège et passa une main dans sa nuque crispée. Il fallait juste éviter de se retrouver avec un blocage de dos à force d’être trop penchée, pas envie d’aller aux Urgences de Sainte Mangouste en rampant tout en hurlant de douleur….

En parlant d’hôpital, son père la tannait depuis plusieurs semaines pour qu’elle travaille avec des gants. La plupart des arbres généalogiques utilisés avaient été pris au familles elles-mêmes, selon lui il pouvait y avoir des gens qui –pour ne pas que l’on fouille dans leur histoire- avaient empoisonné l’encre, le papier ou bien autre chose encore. Oui son père aussi était très romanesque, et puis des gants pour travailler, ce n’était pas simple. Alea jacta est comme on dit ?

La jeune femme s’enfonça dix minutes dans un silence lourd, grattant un parchemin de temps à autres pour prendre des notes ou bien faisant grincer sa chaise lors de mouvements un peu brusques. Puis vint le moment fatidique du bâillement, là il était peut être temps de faire quelque chose.

Elle repoussa la plupart de ses affaires sur un coin de son bureau et se leva pour aller vers la bouilloire dans le coin. Un thé serait très bien, et parce qu’elle ne voulait pas parler Irina se contenta juste de regarder Licinius pour voir s’il en voulait.

Et parce que la distraction était vraiment son péché mignon, Irina oublia qu’elle regardait le mangemort, se perdnt dans son monde bien à elle de questions et de réponses. Et si elle n’avait pas pris la bonne méthode pour l’arbre généalogique en cours ? Elle s’était jetée sur la branche germaine de la famille mais craignait que cela ne mène qu’à ne impasse et des minutes de gâchées. La lignée avait du s’éteindre de ce côté-là puisque le nom ne lui disait rien du tout aujourd’hui…

Et si elle switchait d’une génération ? Généralement l’erreur consistait à se concentrer beaucoup trop sur les personnalités féminines de l’arbre –les mères porteuses- et d’oublier un peu trop les hommes. Hommes qui le plus souvent pouvaient cacher quelque chose de pas joli –joli mélangé avec leur sang. Quelque chose comme de la boue…

Oui tiens elle regarderait du côté des hommes, surtout qu’il y en avait un qui lui inspirait pas confiance : un nom trop bizarre pour être clean. Elle trouverait sûrement quelque chose là bas….

Un sifflement… c’était quoi ça, son cerveau ? Ah non, la bouilloire ! Vite, tasses, feuilles de thé et compagnie, un coup de baguette, abracadabra mettez vous correctement en ordre ou je vous fracasse contre le mur par les saintes pustules de Merlin !
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